9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 11:28


Une manifestation nationale est organisée à Paris le 17 octobre prochain, à l'initiative du collectif national pour les droits des femmes. L'objectif est que la lutte féministe et les avancées pour la condition féminine ne soit pas délaissées ou mises à mal du fait de la crise. Pour souligner l'actualité du combat féministe, vous trouverez ci-dessous les cinq premiers thèmes qu'elle porte des six que nous développerons d'ici à la manifestation.

Autonomie :
des revenus suffisants pour vivre...


Un fameux slogan scandé dans les manifs féministes des années 1970 voulait qu'« une femme sans homme soit comme un poisson sans bicyclette » ! Pour que cette assertion soit vraie, encore faudrait-il que les femmes aient les moyens de vivre de leur travail. Or les chiffres demeurent désespérants : le salaire moyen des femmes est inférieur de 27% à celui des hommes. 80% des temps partiels subis sont occupés par des femmes. 80% des travailleurs pauvres sont des femmes. À la retraite, une femme touche en moyenne 40 % de moins qu'un homme. Et les attaques récentes contre les dispositifs censés corriger - un minimum - le tir sont un mauvais présage. Le Gouvernement va en effet diminuer la « majoration de durée d'assurance », dispositif qui accorde aux femmes travaillant dans le privé huit trimestres de retraite par enfant. Avec des conséquences désastreuses pour les retraites féminines.

Être autonome financièrement nécessite aussi de disposer d'un mode de garde pour ses enfants. Or, l'école maternelle est sur la sellette : c'est bien connu, les instituteurs passent leur temps à y changer des couches ! Le chèque garde d'enfant représente quant à lui une solution individualiste qui tend à remplacer les modes collectifs de garde d'enfants (crèches...).


Liberté : disposer de son corps reste une bataille !

Sans liberté de disposer de son propre corps, il n'est aucune liberté possible pour les femmes.

Pourtant, si le droit à maitriser sa fécondité est formellement acquis, sa mise en œuvre s'avère compliquée! Le planning familial est constamment menacé par la droite au pouvoir, et ne doit sa survie qu'à la mobilisation générale qui a eu lieu l'hiver dernier pour que ses crédits ne soient pas drastiquement amputés. Plusieurs centres d'Interruption volontaire de grossesse sont en voie de fermeture (le CIVG de l'hôtel-Dieu à Lyon devrait fermer fin 2010, le CIVG de Tenon à Paris...).

Rappelons également que beaucoup de moyens de contraception ne sont toujours pas, ou seulement partiellement, remboursés par la sécurité sociale. Par exemple, la nouvelle « pilule du surlendemain », qui permet de se protéger cinq jours après un rapport sexuel, coutera 30 euros, exclusivement à la charge de la femme
.


Égalité : le compte n'y est pas !


Fondamentalement, pourquoi les femmes n'ont-elles pas le temps de s'investir en politique ? Certainement, en partie, parce qu'elles passent quatre fois plus de temps à faire le ménage et deux fois plus à s'occuper des enfants que les hommes...

Au-delà de la question des inégalités de revenus, l'égalité réelle entre femmes et hommes est loin d'être acquise aujourd'hui. Dans la sphère politique, dix ans après la promulgation de la loi sur la parité le 13 juin 1999, seules 18.5% des députés, 21,5% des sénateurs et 13,9% des maires sont des femmes. Une nouvelle initiative serait donc la bienvenue pour avancer sur l'égalité des sexes en politiques ; le montant des amendes payées par les partis ne respectant pas la parité pourrait par exemple être augmenté.

Solidarité : parce que le féminisme n'a pas de frontières

En Afghanistan, malgré l'intervention alliée censée redonner aux femmes leur liberté, Hamid Karzaï met en œuvre ce dont les talibans avaient rêvé : il a promulgué une loi en avril, énonçant qu'il « est de la responsabilité de l'épouse d'être prête à satisfaire sexuellement son mari et de ne pas quitter la maison sans autorisation ». L'ayatollah Mohseni, à l'origine de la loi, précise : « Cela ne doit pas être une obligation pour la femme de dire oui tout le temps. En revanche, si une femme dit non, l'homme a le droit de ne pas la nourrir. » Nous voilà rassurés...

Ceci n'est qu'un exemple de la reculade généralisée que subit la condition féminine dans le monde en ce début de 21ème siècle.  Du 8 mars au 17 octobre 2010 se tiendra une nouvelle édition de la marche mondiale des femmes, une initiative qui a lieu tous les 5 ans à l'échelle de la planète avec un évènement national, un évènement continental et un évènement mondial. La manif du 17 octobre permettra aussi la mobilisation en vue de la marche mondiale des femmes.


Laïcité : les femmes premières victimes des Églises

Le développement de l'islam radical contribue à la multiplication du port du voile et du voile intégral ; le port de la burqa est l'illustration emblématique d'une régression des droits et de la dignité des femmes, il est le symbole de la soumission des femmes, qui affecte la notion même de personne comme membre de l'association politique.

Du côté du catholicisme, la pilule abortive a récemment fait l'objet d'une offensive papale. Sa sainteté a en effet demandé aux pharmaciens de faire jouer leur clause de conscience et de ne pas distribuer le médicament RU 486, qui permet l'avortement médicamenteux : « Ne vendez pas de médicaments contre la vie ». Pourtant, en Italie, la pilule abortive vient pallier une situation délicate puisque 70% des gynécologues refusent d'effectuer des IVG, ce qui compromet gravement l'accès à l'avortement médical.

Publié par PG 45 - dans Liberté - Démocratie

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