15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 19:20

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Nicolas Sarkozy est décidément passé maître dans l'art du détournement. Ainsi l'annonce du « grand emprunt » face à la crise avait des apparences de politique keynésienne : l'investissement public au service de la relance. En réalité Sarkozy était en train d'inventer l'emprunt libéral: l'investissement public au service de la libéralisation de l'économie.


Hélas des médias fainéants et des politiques passe-muraille n'aideront pas les citoyens à réaliser la nature de cet emprunt. 35 milliards, trop ou pas assez ? voilà l'unique question. Elle alimente plus qu'elle n'anime un débat confus et convenu, où la palme de l'incohérence revient aux dirigeants socialistes comme Ayrault qui proclame que tout ça n'est pas assez pour la relance mais bien trop pour la dette. Quant au contenu des programmes financés par cet emprunt, il est présumé indiscutable. Rendez-vous compte, c'est la priorité à l'université et à la recherche, le « pari sur l'intelligence » !


Il faut balayer ces commentaires pour ne pas manquer l'essentiel. L'emprunt n'est pas un plan de relance mais un plan de restructuration. Le but du gouvernement n'est toujours pas de combattre la crise mais de la mettre à profit pour nous faire boire ses potions libérales à double vitesse. L'emprunt est donc un outil de plus pour « réformer » le pays. Et retourner les apparences en leur contraire.


Au nom de la misère de l'université française, Sarkozy veut que les établissements se jettent à la gorge pour obtenir des financements exceptionnellement concentrés, vouant ceux qui ne seront pas retenus à une paupérisation inéluctable. Comme Méphisto de Faust, il exige contre ses milliards « l'excellence, une nouvelle gouvernance, la contractualisation, l'autonomie, le partenariat avec les entreprises et bien sûr des résultats»... dont il sera seul juge. En revanche il n'impose aucune contrepartie aux entreprises qui bénéficieront de 6 milliards ! Au nom de la compétitivité, il veut mettre la recherche publique sous la coupe des exigences de rentabilité immédiate en confiant le gros des financements à des sociétés de valorisation proches des grands groupes. Au nom du développement durable, il soutient une 4e génération de réacteurs nucléaires qui engagerait la France dans la voie de la poursuite du nucléaire sans discussion possible des alternatives. Décidément un emprunt contre l'avenir.

Publié par François Delapierre - dans Economie - Industrie - Fiscalité - Finance

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