15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 22:46
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PHILIPS EGP DREUX : Produire pour ne plus subir


Face à la fermeture de leur usine, les salariés de Philips EGP Dreux (Eure et Loir) ont décidé, le 5 janvier, de reprendre la production en s’organisant autour d’un comité ouvrier.


Le combat de ces salariés dépasse le simple cadre départemental. Cette lutte marquera, en France, une étape contemporaine dans les luttes sociales. Prenons, par ailleurs, conscience du courage qu'elle nécessite. En effet, à chaque instant et parce que la propriété de l’entreprise est toujours celle de Philips, les ouvriers / employés s’exposent à des poursuites civiles et pénales.


Par le passé, des salariés s'étaient déjà réappropriés l’outil de production. Notons que depuis 2000, outre, la société ALCAN au Québec, nous pouvons citer les sociétés argentines ZANON (société de céramiques) et BRUKMAN (société de textiles) dont les salariés, en pleine crise économique (un licenciement/ minute), ont réussi à préserver leur emploi et sauvegarder une économie alors que leurs dirigeants avaient tout simplement mis la clé sous la porte.


A l’appel de la CGT, rejoignons les salariés de Philips EGP jeudi 14 janvier à 10h devant la préfecture de Chartres.


Cette lutte esquisse par ailleurs une alternative à l’organisation économique que nous connaissons. En effet, l’économie capitaliste se développe grâce à des outils telles que les sociétés : S.A (société anonyme), S.A.S (société par actions simplifiées), S.A.R.L, etc…Leur organisation ainsi que la fiscalité orientent, dans une économie mondialisée, les bénéfices vers le capital et non vers les salaires et la recherche.


A cette situation, il existe bien quelques solutions. Ainsi en est-il de la société coopérative de production qui, en France, n’existe qu’au travers de la S.A.R.L et de la S.A. Pour cette dernière, l’appellation consacrée est la Société Anonyme à participation ouvrière - SAPO (Art L 225-258 & suiv. du code de commerce). En son sein, les salariés / ouvriers forment une société commerciale coopérative de main d’œuvre qui siège au conseil d’administration et dont le titre de propriété prend la forme d’une « action de travail » à opposer à l’ « action en capital ».


Bridée par une législation peureuse et dénigrée par les investisseurs, cette structure demande à être développée et avantagée sur ses concurrentes. C’est donc tout un pan de la fiscalité et du droit des sociétés qu’il faut réformer.


Mais ce qui appartient au Législateur peut d'ores et déjà trouver des solutions à l’échelon régional. En effet, nous rappelons que la région Centre est actionnaire majoritaire de la société Centre Capital Développement. Ce fonds d’investissement peut, entre les mains d’une majorité soucieuse de l’intérêt collectif, changer la donne et venir en aide au secteur industriel ainsi qu'aux salariés.

Publié par Laurent Bordeau - dans Economie - Industrie - Fiscalité - Finance

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