8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 05:00

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Le 8 mai 1945, toutes les villes françaises s'apprêtent à célébrer la capitulation de l'Allemagne nazie. A Sétif, petite ville à 130 km de Constantine, des nationalistes profitent des manifestations pour revendiquer l'indépendance de l'Algérie. Un soulèvement démarre et s'étend à toute la région du Constantinois.

 

A cette période, la rupture entre la France et l'Algérie est latente. La France coloniale n'a jamais donné la citoyenneté aux « indigènes musulmans » de ces 4 départements français. Pire, le peuple algérien a été divisé, d'abord par le décret Crémieux de 1870 attribuant la citoyenneté aux « israélites indigènes » de l'Algérie, puis par la non application à l'Islam de la loi de 1905 sur la laïcité. Des nationalistes comme Ferhat Abbas auront en vain tenté la voie légaliste en défendant l'égalité dans le cadre d'une souveraineté française. Le mépris des autorités a fini par cristalliser la détermination des Algériens. Il n'y aura pas assimilation, il y aura indépendance.

 

La manifestation pacifiste du 8 mai 1945 montre cette détermination. 10 000 personnes sont réunies à Sétif. Des slogans anticoloniaux montent de la foule, on demande la libération du leader indépendantiste Messali Hadj. Un jeune homme est abattu par un policier parce qu'il levait le drapeau algérien. La révolte s'étend le soir à Guelma, Kherrata et les villages alentours. Il y a 102 morts parmi les « Européens ». Appelé pour rétablir l'ordre, le général Duval déclenche une répression féroce et sanglante sur la région. Les villages sont bombardés, rasés, des dizaines de milliers d'Algériens sont pourchassés et sauvagement assassinés par l'armée française et les milices de colons. Les massacres de Sétif se terminent le 22 mai. L'armée organise des cérémonies de soumission publique sur la plage des Falaises tandis que, non loin, des prisonniers sont jetés vivants dans les gorges de Kherrata.

 

Ces journées meurtrières vont se graver dans la mémoire des Algériens. Le général Duval écrit alors à sa hiérarchie « Je vous donne la paix pour dix ans. Si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable ».

 

La Guerre d'indépendance de l'Algérie débutera le 1er novembre 1954.

Publié par PG 45 - dans Education populaire - Conférences

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