3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 08:06


640 000 chômeurs supplémentaires : l'UNEDIC a revu à la hausse mardi dernier ses prévisions de chômage pour 2009. Au même moment le moral des patrons de PME enregistrait sa première hausse depuis juin 2008... Aux Etats-Unis, General Motors, entreprise emblématique du capitalisme américain, s'est déclaré en faillite lundi dernier. Le même jour, Wall Street atteignait son plus haut niveau depuis janvier ! Quant à Fillon, il « espère » la reprise pour 2010 tout en « s'attendant » à l'aggravation du chômage.

Contradiction ? Pas forcément. Car c'est un certain modèle de « reprise » qu'ils ont en tête. D'un côté l'Etat fait face aux défaillances privées, mais seulement lorsqu'elles risquent d'entraîner l'effondrement du reste de l'économie (le fameux « risque systémique »). On laisse fermer Continental mais on sauve les banques et on injecte 50 milliards de dollars dans General Motors (qui sera détenue aux trois quarts par l'Etat américain), une entreprise dont la dette privée est immense. De l'autre côté, la relance de la machine productive doit être assurée par un nouveau tour de vis sur les salariés mis sous pression par le chômage de masse.

Les politiques aujourd'hui menées face à la crise ont pour point commun de vouloir épargner les revenus des actionnaires et de laisser en conséquence inchangé la part de richesse qu'ils prélèvent sur le travail des autres. Dès lors ce sont les salariés et les contribuables qui sont mis à contribution. On comprend l'enthousiasme des marchés financiers. Mais une telle reprise signifie la poursuite de la crise sociale. Avec les conséquences que l'on connaît déjà : explosion de la pauvreté et des inégalités, dérive sécuritaire de nos sociétés face à la radicalisation des tensions sociales. En outre, elle reporte le poids de la dette privée sur les finances publiques. Le niveau d'endettement public bat des records, notamment aux Etats-Unis, où l'on a vu le richissime Etat de Californie proposer un plan d'économie rappelant ceux des économies sous-développées. Cette politique menace donc tout ce qui fait l'originalité du modèle européen : droits sociaux, libertés publiques, services publics et systèmes sociaux avancés. C'est pourtant celle que préconise la Commission Européenne dans ses recommandations aux Etats-membres de l'Union.

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